17 octobre 2026
Ses abeilles fabriquent du miel vert en Ariège, et personne ne comprend pourquoi

Ses abeilles fabriquent du miel vert en Ariège, et personne ne comprend pourquoi

Imaginez la scène : vous ouvrez vos ruches tranquillement, en mode récolte de fin d’été, et au lieu de tomber sur un joli miel doré bien classique, vous découvrez… du miel vert. Oui, vert. Pas “un peu ambré avec un reflet bizarre”. Vert, carrément. De quoi faire buguer n’importe quel apiculteur — et franchement, n’importe quel amateur de tartines aussi.

C’est pourtant ce qui est arrivé à Éric Manaud, apiculteur à Montesquieu-Avantès, un petit village d’Ariège, dans le sud-ouest de la France. Et autant vous dire que sur BuzzDuSiecle.com, ce genre d’histoire a exactement l’effet d’un pot de miel sur Winnie l’Ourson : on fonce.

Une récolte qui vire au mystère couleur jade

Éric Manaud exerce l’apiculture depuis une dizaine d’années. Au moment de la récolte, il récupère les hausses, ces parties supérieures des ruches où les abeilles stockent le miel. Pour faciliter l’opération, il installe avant cela des chasse-abeilles, un système qui permet aux ouvrières de redescendre sans pouvoir remonter.

Bref, une procédure tout à fait normale. Sauf que cette fois, en soulevant certaines hausses, surprise totale : dans deux ou trois ruches, le miel était vert.

Et là, on comprend très bien sa réaction. Parce qu’entre “tiens, mes tomates ont une drôle de tête” et “mes abeilles ont lancé une gamme pesto”, il y a quand même un petit fossé.

“J’ai été très surpris. Pas forcément agréablement, parce que bon, on se pose de drôles de questions.”

On le croit volontiers.

Du miel vert, ça existe… mais pas vraiment en métropole

Premier réflexe de l’apiculteur : chercher une explication. Et il découvre qu’un miel vert existe bien, mais il est surtout connu à La Réunion, où certaines abeilles butinent les fleurs de tan rouge, une plante locale.

Petit point utile 📌

Pour les lecteurs métropolitains : La Réunion est une île française de l’océan Indien. Donc oui, c’est la France, mais côté flore, on n’est pas du tout sur le même décor que l’Ariège et ses collines.

Le problème, c’est qu’en France métropolitaine, il n’existe pas de fleur connue pour produire naturellement un miel vert de ce type. Et dans le secteur de Montesquieu-Avantès, Éric Manaud précise qu’il n’y a ni site industriel, ni même de grandes cultures céréalières à proximité.

Autrement dit : le scénario “les abeilles ont butiné un truc bizarre à côté de l’usine du coin” ne colle pas vraiment.

L’hypothèse du sirop de menthe… puis le grand flou

Face à ce mystère, l’apiculteur a envisagé plusieurs pistes. Parmi elles : l’idée que ses abeilles aient pu trouver le fond d’une cuve de sirop de menthe. Oui, on est à deux doigts du mojito apicole.

Il a même pensé à un acte malveillant. Parce qu’après tout, quand la nature commence à produire des couleurs dignes d’un bonbon acidulé, on se dit qu’un humain farceur n’est peut-être pas loin.

Mais en goûtant ce miel très particulier, il n’a pas retrouvé de saveur mentholée. Donc non, ce n’est visiblement pas un dessert de cantine transformé en nectar.

50 kilos de miel vert… mais pas question de le vendre

Au total, Éric Manaud estime avoir récolté environ 50 kilos de ce miel vert. Ce n’est pas un simple fond de pot oublié au fond d’un placard : on parle d’une vraie quantité.

Pour autant, il a pris une décision prudente : ne pas le commercialiser. Le miel a été isolé du reste de la production, précisément parce que son origine et sa composition restent inconnues.

Et franchement, c’est plutôt logique. Aussi fascinant soit-il, un miel couleur émeraude dont personne ne sait expliquer l’existence, ça mérite au minimum un gros point d’interrogation avant de finir sur une tartine.

Même les spécialistes sèchent

L’apiculteur a contacté Pascal Georges, président du GDSA 09, le Groupement de défense sanitaire apicole de l’Ariège. En clair, quelqu’un qui a l’habitude de répondre à des questions sérieuses sur la santé des abeilles et les problèmes rencontrés dans les ruches.

Sauf que là… même lui est resté perplexe.

Et ce n’est pas tout. Babé Lafage, gérante de Babé Apiculture à Foix, a aussi pu observer ce fameux miel vert. Elle le décrit comme un nectar couleur jade, magnifique visuellement, mais suffisamment étrange pour refroidir une partie des curieux.

“Une personne sur deux à qui je le montre veut le goûter. Mais beaucoup préfèrent quand même s’abstenir.”

Ce qui est, avouons-le, une réaction très humaine. On adore les expériences insolites… tant qu’elles ne finissent pas par nous faire manger un mystère non identifié à la petite cuillère.

Ce n’est pas la première fois que les abeilles surprennent avec des couleurs folles

L’histoire rappelle un précédent devenu célèbre en France : celui du miel bleu. Dans ce cas, l’enquête avait fini par pointer une usine de bonbons située à proximité. Des résidus sucrés et colorés laissés à l’air libre auraient attiré les abeilles, qui avaient alors produit un miel aux teintes totalement improbables.

À retenir ✅

  • Le miel vert découvert en Ariège n’a pas d’explication confirmée
  • Il a été trouvé dans trois ruches environ
  • La récolte représenterait près de 50 kg
  • Aucune commercialisation n’est prévue
  • Les spécialistes consultés restent très prudents et perplexes

Dans le cas d’Éric Manaud, le souci, c’est qu’aucune source évidente de colorant ou de sucre industriel n’a été identifiée autour des ruches.

Pourquoi cette histoire fascine autant

Parce qu’elle coche toutes les cases de l’insolite parfait :

  • des abeilles, donc déjà un petit capital sympathie naturel ;
  • un produit ultra familier, le miel ;
  • une couleur totalement inattendue ;
  • et surtout, aucune explication claire.

C’est ce qui rend l’affaire si captivante. On n’est pas dans un simple “ah tiens, c’est curieux”. On est dans un vrai mini polar rural, version ruche.

Info Box 🐝 Le saviez-vous ?

Les abeilles sont attirées par les sources sucrées, pas uniquement par les fleurs. Si elles trouvent des résidus alimentaires, des sirops ou d’autres substances riches en sucre, elles peuvent s’y intéresser très sérieusement. Et parfois, cela donne des résultats… disons, artistiques.

Faut-il s’inquiéter ?

À ce stade, impossible d’affirmer précisément l’origine de cette couleur verte. Et c’est justement pour cela que l’apiculteur a choisi la prudence. Sans analyse poussée, mieux vaut ne pas tirer de conclusions hâtives.

Ce qu’on sait, en revanche, c’est que ce miel ne ressemble pas à une production habituelle en métropole. Et tant que le mystère n’est pas levé, il restera surtout un objet de curiosité plus qu’un produit à consommer.

Le genre d’histoire qu’on n’invente pas

Entre le miel bleu d’hier et le miel vert d’aujourd’hui, les abeilles semblent parfois avoir un sens très personnel de la créativité. On pensait connaître le miel en version dorée, ambrée ou sombre ; voilà maintenant la version jade, presque prête pour défiler à la Fashion Week des tartines.

Reste une grande question : qu’ont donc butiné les abeilles de Montesquieu-Avantès ? Pour l’instant, personne n’a la réponse. Et c’est précisément ce qui rend cette histoire aussi délicieusement bizarre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *