Vous pensez que les enlèvements rocambolesques, c’est réservé aux films hollywoodiens ? Attendez de découvrir comment Napoléon Bonaparte a fait kidnapper le pape en pleine nuit, avec un commando armé d’échelles, de cordes… et d’un serrurier ! Oui, vous avez bien lu. L’empereur des Français a littéralement fait enlever le chef de l’Église catholique. Et croyez-moi, cette histoire est tellement dingue qu’elle mérite d’être racontée dans les moindres détails.
Quand le sacre vire au clash
Pour comprendre cette folie, il faut remonter quelques années en arrière. En 1804, Pie VII se déplace depuis Rome jusqu’à Paris pour couronner Napoléon empereur à Notre-Dame. Geste sympa, non ? Sauf que notre cher Napoléon, dans un mouvement d’ego surdimensionné, arrache littéralement la couronne des mains du pape pour se couronner lui-même. Imaginez la scène : le pauvre Pie VII, venu de si loin, qui se retrouve les bras ballants pendant que l’empereur joue les divas. Autant vous dire que ça a jeté un froid.
Mais ce n’est que le début des tensions. Napoléon exige que le pape participe à son blocus continental contre l’Angleterre. Pie VII refuse poliment – normal, un pape se doit de rester neutre. En représailles, l’empereur commence à grignoter les territoires du Saint-Siège comme on grignote des cacahuètes à l’apéro. D’abord le port d’Ancône en 1805, puis petit à petit tous les États pontificaux.
💡 Le saviez-vous ? En 1806, Napoléon écrit au pape : "Votre Sainteté est souveraine de Rome, mais j’en suis l’Empereur ; tous mes ennemis doivent être les siens." Traduction : "T’es chez toi, mais c’est moi le patron." Subtil.
L’excommunication qui a tout fait péter
Les choses s’enveniment vraiment quand Pie VII refuse catégoriquement d’annuler le mariage de Napoléon avec Joséphine de Beauharnais en 1809. L’empereur, qui veut se remarier pour avoir un héritier, ne digère pas le refus. Et quand Napoléon envahit complètement les États pontificaux en mai 1809, le pape sort l’arme ultime : l’excommunication !
Vous imaginez ? Le type qui s’est auto-couronné empereur se fait excommunier ! Napoléon devient fou de rage. Selon les témoignages de l’époque, il aurait littéralement pété un câble. Et quand un empereur pète un câble, ça donne… un kidnapping en pleine nuit.
L’opération commando du 5 juillet 1809
📅 Rome, nuit du 5 au 6 juillet 1809, 2h du matin
Le général Étienne Radet, commandant de la gendarmerie française à Rome, se pointe au palais du Quirinal (la résidence du pape, perchée sur la plus haute colline de Rome) avec une petite escouade. Au programme de la soirée :
✅ Des échelles pour escalader les façades
✅ Des cordes pour grimper
✅ Un serrurier pour forcer les portes (parce qu’apparemment, personne n’avait pensé à sonner)
✅ Beaucoup, beaucoup de culot
Le commando pénètre par les fenêtres comme des cambrioleurs et progresse rapidement jusqu’aux appartements du pape. Imaginez la scène : des soldats français qui débarquent en pleine nuit chez le chef de l’Église catholique avec un serrurier ! On se croirait dans un mauvais polar.
"Un souverain qui n’a besoin que d’un écu par jour…"
Quand Radet arrive enfin devant Pie VII, il lui tend un document exigeant qu’il renonce à la souveraineté sur Rome et ses territoires. Le pape, 65 ans et pas impressionné pour un sou, lui répond avec un calme olympien :
"Monsieur, un souverain qui n’a besoin pour vivre que d’un écu par jour n’est pas un homme qu’on intimide aisément."
Classe absolue. Le général français, complètement intimidé par ce vieux monsieur en robe blanche qui refuse de trembler, n’a plus qu’à embarquer le pape et son conseiller, le cardinal Pacca, dans une diligence. Direction : Grenoble, puis Avignon, et enfin Savone (près de Gênes, en Italie), où Pie VII sera placé en résidence surveillée.
Trois ans de bras de fer et un pape qui ne craque pas
Après trois ans à Savone, Pie VII est transféré en juin 1812 au château de Fontainebleau, près de Paris. Officiellement, il est traité en "invité" avec un bel appartement et un jardin. Mais le pape refuse d’en profiter et reste cloîtré dans sa chambre pendant 19 mois. Oui, 19 mois enfermé volontairement, par principe.
📌 À retenir : Entre deux campagnes militaires, Napoléon vient personnellement tenter d’arracher une signature au pape pour un nouveau Concordat. Tantôt charmeur, tantôt brutal, il va jusqu’à bousculer physiquement le vieil homme. Mais Pie VII tient bon. Zéro signature. Zéro compromis.
Chez BuzzDuSiecle.com, on a vu pas mal d’histoires de gens têtus, mais là, chapeau ! Un pape de 65 ans qui résiste pendant des années à l’empereur le plus puissant d’Europe, c’est du niveau légende.
La libération et la revanche morale
Le 23 janvier 1814, alors que les armées coalisées encerclent la France, Napoléon comprend qu’il ne peut plus se permettre de garder le pape prisonnier. Il le libère, et Pie VII rentre triomphalement à Rome.
Et là, attention, c’est le moment où le pape montre qu’il est vraiment au-dessus de la mêlée : il demande aux Anglais d’améliorer les conditions de détention de Napoléon à Sainte-Hélène ! Il va même jusqu’à accueillir la mère et le frère de l’empereur déchu. Pas rancunier pour deux sous, le bonhomme.
Le bilan de cette folle histoire
🎭 Ce qu’il faut retenir de cet enlèvement historique :
- Un kidnapping nocturne avec échelles, cordes et serrurier
- Un pape imperturbable face à l’empereur le plus puissant d’Europe
- Cinq ans de captivité (1809-1814) sans jamais céder
- Une victoire morale totale pour Pie VII, qui sort grandi de l’épreuve
- Une tache indélébile sur la réputation de Napoléon
Cette histoire montre qu’on peut être le maître de l’Europe, avoir conquis la moitié du continent, disposer de la plus grande armée du monde… et se faire tenir en échec par un vieux monsieur en robe blanche qui refuse de signer un bout de papier. Parfois, la détermination tranquille vaut mieux que toutes les armées du monde. Et franchement, ça fait du bien de le rappeler !
