On voit passer beaucoup de choses sur Internet, mais là, j’avoue, on tient un sacré champion du système D. Un conducteur a été arrêté après avoir tenté de recharger sa Tesla… avec un groupe électrogène diesel installé dans son coffre, ouvert, pendant qu’il roulait. Oui, oui. Une voiture électrique nourrie au gasoil, en pleine circulation. Il ne manquait plus qu’un barbecue sur le toit pour compléter l’ambiance aire d’autoroute sous caféine.
L’histoire, relayée notamment via Dashcam France, a rapidement fait rire les réseaux. Sauf que du côté des gendarmes, l’ambiance était moins “gag automobile” que “mais qu’est-ce que je viens de voir exactement ?”. Et franchement, on les comprend.
Une scène totalement lunaire sur la route
À la base, les forces de l’ordre ont été alertées par un détail déjà problématique : un coffre grand ouvert en roulant. Rien que ça, c’est suffisant pour justifier un contrôle. Mais en s’approchant du véhicule, surprise : dans le coffre, un groupe électrogène diesel en marche, branché pour alimenter la batterie de la Tesla.
En gros, le conducteur avait transformé sa voiture en espèce de centrale thermique roulante version bricolage du dimanche.
📌 À retenir
- Coffre ouvert en circulation
- Groupe électrogène diesel en fonctionnement
- Recharge de la Tesla en roulant
- Contrôle immédiat des gendarmes
- Amendes et immobilisation du véhicule
Le conducteur aurait présenté ça comme une blague. Une blague, certes, mais du genre qui fait surtout rire jusqu’au moment où arrivent les uniformes, le carnet à souche et la dépanneuse.
Pourquoi c’était beaucoup plus dangereux que “drôle”
Sur le papier, certains ont pu se dire : “Bon, c’est absurde, mais techniquement, ça marche peut-être.” Et c’est vrai que charger une voiture électrique avec un générateur diesel, dans l’absolu, existe déjà dans des contextes très particuliers : zones isolées, dépannage temporaire, expérimentation technique… mais certainement pas dans un coffre ouvert sur route, au milieu de la circulation.
1. Le monoxyde de carbone : l’ennemi invisible
Le premier énorme danger, c’est le monoxyde de carbone. Ce gaz est invisible, inodore et potentiellement mortel. Même avec un coffre ouvert, les turbulences d’air derrière la voiture peuvent ramener les gaz d’échappement vers l’habitacle.
Autrement dit : on croit ventiler, mais on peut en réalité s’empoisonner sans s’en rendre compte. C’est le genre de détail qui enlève tout le charme de la “vanne”.
2. Le risque d’incendie
On parle ici d’un appareil :
- qui chauffe,
- qui vibre,
- qui contient du carburant,
- et qui se trouve à proximité d’une batterie lithium.
Disons-le simplement : c’est une très mauvaise combinaison. Entre les projections, les fuites possibles, les câbles qui bougent et la chaleur dégagée, on est loin du montage rassurant validé par un bureau d’études.
3. Une visibilité arrière catastrophique
Rouler avec le coffre ouvert, ce n’est pas juste moche. C’est aussi dangereux pour les autres usagers. La visibilité arrière devient mauvaise, et tout objet mal fixé peut finir sur la chaussée.
À 130 km/h, un groupe électrogène ou un accessoire qui bouge, ce n’est plus un objet : c’est un problème lancé à grande vitesse.
La facture de la “blague” a été salée
Et non, les gendarmes n’ont pas récompensé l’inventivité avec un trophée “MacGyver du mois”.
Le conducteur a écopé :
- d’une amende pour circulation avec coffre ouvert ;
- d’une verbalisation pour mise en danger d’autrui ;
- et son véhicule a été immobilisé immédiatement.
💡 Conseil d’expert
Quand une idée commence par “Techniquement, si je mets un moteur diesel dans le coffre de ma voiture électrique…”, il y a de fortes chances qu’il faille s’arrêter avant la suite de la phrase.
Le plus ironique ? Techniquement, l’idée n’est pas totalement absurde… mais ici, si
C’est là que l’histoire devient encore plus savoureuse. D’un point de vue purement théorique, des essais ont déjà montré qu’une Tesla alimentée par un générateur diesel pouvait, dans certains cas très spécifiques, afficher une consommation de carburant comparable, voire légèrement meilleure, qu’une voiture diesel classique sur un trajet donné.
Par exemple, un test souvent cité en Australie comparait :
- une Tesla Model S rechargée via générateur diesel ;
- à une Volvo diesel sur le même parcours de 104,6 km.
Résultat observé
| Véhicule | Carburant utilisé sur 104,6 km |
|---|---|
| Tesla + générateur diesel | 4,46 L |
| Volvo diesel | 4,80 L |
Ce type de résultat s’explique par un point important : le moteur électrique est extrêmement efficace. Même si le générateur perd de l’énergie au passage, la chaîne globale peut parfois rester compétitive face à un moteur thermique classique.
Mais attention :
ça ne veut absolument pas dire que coller un groupe électrogène dans son coffre et partir sur l’autoroute est une bonne idée.
Il y a une différence énorme entre :
- une expérimentation encadrée,
- un usage temporaire en zone isolée,
- et un montage improvisé en circulation réelle.
C’est un peu comme dire qu’un chef peut flamber un plat au restaurant, donc on peut faire pareil dans son salon sous les rideaux en lin. Techniquement, il y a une parenté. En pratique, les pompiers préféreraient éviter.
Pourquoi les constructeurs n’ont pas prévu ça
Si Tesla, Renault, Peugeot ou n’importe quel constructeur ne recommande pas ce genre de montage, ce n’est pas parce qu’ils manquent d’imagination. C’est surtout parce qu’une voiture moderne est conçue avec :
- des systèmes de recharge spécifiques ;
- des normes de sécurité strictes ;
- une gestion thermique calibrée ;
- des protections électriques précises.
Un groupe électrogène portable, lui, n’est pas pensé pour :
- fonctionner dans un coffre ;
- subir les vibrations de la route ;
- respirer correctement dans cet environnement ;
- ni alimenter un véhicule en mouvement dans des conditions sûres.
ℹ️ Bon à savoir
Les générateurs portables sont généralement destinés à être utilisés à l’arrêt, en extérieur, dans un endroit bien ventilé, et surtout hors de l’habitacle.
Une histoire insolite, mais pas un exemple à suivre
Sur BuzzDuSiecle.com, on adore les actus improbables venues d’ailleurs, et celle-ci coche toutes les cases : inventive, absurde, spectaculaire… et franchement un peu terrifiante quand on y pense plus de dix secondes.
Ce conducteur voulait peut-être faire rire, provoquer, ou simplement tester une idée farfelue. Il a surtout rappelé une règle de base que l’on oublie parfois à force de vouloir “hacker” le réel : ce n’est pas parce qu’un montage peut démarrer qu’il devrait exister sur la route.
La prochaine fois, mieux vaut sans doute chercher une borne de recharge qu’inventer la première Tesla hybride au coffre barbecue.
