Je vais être honnête : moi, quand je rate une sortie sur le périph, je considère déjà que l’aventure a pris une tournure dramatique. Alors imaginer trois sportifs traverser la France d’est en ouest, sans GPS, en ligne droite, dans un couloir de seulement 4 kilomètres de large… là, on entre dans une autre dimension. Une dimension où la boussole remplace le smartphone, où les cartes papier reviennent à la mode, et où les autoroutes deviennent presque des détails de parcours.
C’est pourtant exactement ce qu’ont fait Fleury Roux, Pierre Martinez et Raphaël Masliah : relier Erstein, près de Strasbourg, à la pointe de Corsen, dans le Finistère, soit 1 142 kilomètres avalés en sept jours. Oui, sept. Le genre de défi qui donne envie de s’allonger rien qu’en lisant le résumé sur BuzzDuSiecle.com.
Une ligne droite… enfin, presque
Le principe est aussi simple sur le papier qu’absolument absurde dans la vraie vie : tracer une ligne d’est en ouest à travers la France, puis la suivre sans sortir d’un couloir de 4 km.
Évidemment, sur une carte, ça a l’air presque poétique. Dans la réalité, cela veut dire :
- des chemins qui n’existent plus,
- des forêts qui n’ont pas été consultées sur le projet,
- des champs pas franchement pensés pour le passage de cyclistes,
- et des obstacles du style rivières et autoroutes qui n’ont, elles non plus, rien demandé.
Fleury Roux le reconnaît lui-même : la ligne est “imparfaite”. Mais vu la mission, on va éviter de chipoter. Quand on réussit à traverser le pays sans assistance satellite, on a le droit à une petite marge d’élégance géométrique.
Le défi en chiffres qui piquent un peu les jambes
Voici ce que leur aventure représente concrètement :
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Distance totale | 1 142 km |
| Durée | 7 jours |
| Dénivelé positif | 12 630 m |
| Temps d’activité total | 64 heures |
| Moyenne quotidienne | environ 9 h par jour |
| Largeur du couloir à respecter | 4 km |
| Nombre de cartes papier utilisées | 97 cartes A3 |
📌 À retenir
Ils ont parcouru l’équivalent d’une traversée de la France avec une précision de funambule, mais sans l’aide d’un GPS. Juste avec des cartes, une boussole, leur cerveau… et probablement une bonne dose d’obstination.
Sans GPS, donc avec 97 cartes papier. Oui, quatre-vingt-dix-sept.
C’est probablement mon détail préféré. En 2026, alors que certains paniquent dès que leur batterie passe sous les 12 %, eux sont partis avec 97 cartes A3.
Pas de guidage vocal pour dire “tournez à droite dans 200 mètres”. Pas de recalcul d’itinéraire. Pas de point bleu rassurant qui clignote. Juste de la lecture de carte, de la prise de cap, et un vrai travail d’orientation.
Et là, l’arrivée de Raphaël Masliah, champion de course d’orientation, prend tout son sens. Parce que suivre une ligne droite sur plus de mille kilomètres, ce n’est pas “aller tout droit” au sens où on l’entend quand on cherche les toilettes dans un restaurant. C’est :
- orienter la carte correctement,
- suivre un cap précis,
- repérer des points de référence,
- corriger sa trajectoire sans cesse,
- et composer avec le terrain réel, qui adore contredire les cartes.
💡 Conseil d’expert version survie moderne
Sur une telle distance, la moindre erreur de cap répétée pendant des heures peut vous faire sortir du fameux couloir. En clair : ici, se tromper “un petit peu” finit très vite par devenir “complètement ailleurs”.
Une France traversée à vélo… mais pas seulement en mode carte postale
Le trio a effectué l’essentiel du parcours à vélo, avec environ 9 heures d’activité par jour. Et attention, on ne parle pas d’une petite balade digestive le long d’un canal avec arrêt gaufre toutes les 20 minutes.
Leur route leur a imposé de :
- franchir neuf autoroutes,
- traverser une rivière à la nage,
- passer une autre section en kayak.
Dans un autre témoignage, Fleury Roux évoque même une traversée de la Moselle sans pont, avec des matelas de bivouac utilisés comme radeaux de fortune. Là, on n’est plus sur du cyclotourisme. On est quelque part entre l’ultra-endurance, le scoutisme de compétition et un scénario que même un prof d’EPS n’oserait pas proposer.
Et en plus, la météo a décidé de participer
Comme souvent dans les grandes aventures, la météo a tenu à rappeler qu’elle aussi voulait son rôle principal. Les trois sportifs ont eu droit à un assortiment complet dès le départ :
- neige,
- vent,
- pluie,
- soleil.
Le tout alors que Fleury Roux était encore affaibli par un virus au début du périple. Parce que visiblement, traverser la France sans GPS n’était pas encore un niveau de difficulté suffisant.
😊 Bon à savoir
Pour des cyclistes amateurs, on considère souvent que 50 à 80 km par jour constituent déjà une belle étape. Ici, on parle d’un défi d’ultra-endurance, avec une moyenne quotidienne qui fait passer les sorties du dimanche pour une promenade vers la boulangerie.
Ces trois-là ne sont pas à leur coup d’essai
Ce qui rend l’histoire encore plus folle, c’est qu’il ne s’agit pas d’un éclair de démence passager. En avril 2025, Fleury Roux et Pierre Martinez avaient déjà réalisé une autre traversée complètement déraisonnable : la France du sud au nord en ligne droite.
Leur précédent exploit :
- 1 334 km
- 23 400 m de dénivelé positif
- 11 jours
- en combinant vélo, course et même canoë
Autrement dit, ils avaient déjà coché la case “longueur”. Cette fois, ils ont décidé de cocher la case “largeur”. Et à ce rythme, leur idée de traverser ensuite la France en diagonale n’a malheureusement rien d’une blague.
Pourquoi ce défi fascine autant ?
Parce qu’il coche toutes les cases de l’histoire insolite parfaite :
1. C’est inutile… donc totalement magnifique
Personne n’a besoin de traverser la France en ligne droite sans GPS. Et c’est précisément pour ça que c’est captivant. Il y a quelque chose de délicieusement absurde dans cette volonté de compliquer un trajet que le train ferait bien plus simplement.
2. C’est ultra-technique
Derrière le côté un peu foufou, il y a une vraie maîtrise :
- orientation à la carte,
- gestion de l’effort,
- préparation physique,
- logistique,
- adaptation permanente au terrain.
3. C’est une aventure très “contre-époque”
À l’heure où tout est assisté, recalculé, géolocalisé, eux choisissent de revenir à une navigation presque artisanale. C’est un peu le retour du cerveau analogique dans un monde numérique.
📢 Citation qui résume bien l’esprit du défi
Traverser la France, c’est déjà costaud. La traverser en ligne droite, sans GPS et dans un couloir de 4 km, c’est comme décider de monter un meuble sans notice… sauf que le meuble fait 1 142 km de long.
Le vrai exploit, ce n’est pas juste le sport
Bien sûr, il y a la performance physique. 1 142 km et 12 630 m de dénivelé positif en une semaine, c’est colossal. Mais à mes yeux, l’exploit le plus impressionnant est ailleurs : dans leur capacité à tenir une idée folle jusqu’au bout.
Parce qu’une ligne droite sur une carte, c’est séduisant. Une ligne droite dans la vraie vie, c’est :
- des imprévus permanents,
- des décisions à prendre vite,
- de la fatigue qui brouille le jugement,
- et cette petite voix intérieure qui doit parfois hurler : “Mais pourquoi on fait ça déjà ?”
Et pourtant, ils l’ont fait.
Ce qu’il faut retenir de cette traversée pas comme les autres
En résumé
- Trois athlètes ont relié l’Alsace à la pointe du Finistère.
- Ils ont parcouru 1 142 km en 7 jours.
- Ils ont suivi une ligne droite est-ouest dans un couloir de 4 km.
- Ils se sont orientés sans GPS, avec 97 cartes papier A3.
- Ils ont dû franchir rivières, autoroutes, forêts et champs.
- Le tout avec une météo capricieuse et un niveau d’effort complètement hors norme.
Franchement, la prochaine fois que mon appli de navigation met trois secondes à charger, je penserai à eux avec beaucoup plus d’humilité. Traverser la France en ligne droite sans GPS, c’est le genre d’idée qui semble née d’un pari lancé trop tard le soir… sauf que certains paris finissent vraiment à la pointe du Finistère.
