À Venise, on a parfois des standing ovations pour des films d’auteur. En 2026, on a aussi droit à un autre grand classique : un documentaire sur Elon Musk, une pluie d’accusations, et une menace de procès avant même que le pop-corn ne refroidisse. Franchement, il ne manquait plus qu’un lance-flammes sur le tapis rouge.
Le film s’appelle Musk, il dure 3 h 45 à 4 heures selon les versions évoquées, et il a été présenté à la Mostra de Venise — le grand festival de cinéma italien, pour ceux qui n’ont pas révisé leur agenda culturel entre deux stories Instagram. Sur BuzzDuSiecle.com, je vous résume cette affaire où se croisent milliardaire, satellites, politique américaine et ego en orbite basse.
Un documentaire XXL qui ne caresse pas son sujet dans le sens du poil
Réalisé par Alex Gibney, documentariste oscarisé connu pour ses films très fouillés sur les puissants, Musk s’attaque à un morceau particulièrement explosif : la carrière, la vie privée et l’influence politique d’Elon Musk.
Et visiblement, le résultat n’a rien d’un portrait souvenir façon album de vacances.
D’après les éléments relayés autour du film, le documentaire :
- retrace l’ascension de Musk de la Silicon Valley à son statut de géant de la tech ;
- revient sur ses entreprises comme Tesla, SpaceX et X ;
- s’intéresse à sa vie personnelle, y compris à ses au moins 14 enfants ;
- aborde son rôle politique et médiatique, notamment aux États-Unis ;
- évoque des sujets très sensibles, comme la présidentielle américaine de 2024.
📌 À retenir
Le cœur du problème n’est pas seulement que le film est critique. C’est qu’il suggère des choses extrêmement graves, notamment un possible lien entre Starlink — le réseau internet par satellites de Musk — et l’élection présidentielle américaine remportée par Donald Trump en 2024.
Autant dire qu’on n’est pas sur un simple désaccord artistique du type “je n’aime pas l’affiche”.
Pourquoi Elon Musk menace-t-il de poursuivre ?
Les avocats d’Elon Musk ont envoyé une mise en demeure aux producteurs du documentaire. En gros : ils accusent Alex Gibney et son équipe d’avoir monté un film à charge, avec des conclusions déjà décidées à l’avance.
Selon cette lettre, le documentaire :
- propagerait de fausses rumeurs ;
- relèverait de la diffamation ;
- n’aurait pas respecté une vraie démarche contradictoire ;
- n’aurait pas suffisamment cherché à vérifier certains points avec Musk ou son entourage.
Les sociétés potentiellement visées par d’éventuelles poursuites seraient notamment les producteurs et distributeurs liés au projet, parmi lesquels HBO, Bleecker Street et Universal, selon les informations reprises dans la presse.
Le point le plus explosif : l’élection de 2024
C’est vraiment la séquence sur la présidentielle américaine qui semble avoir mis le feu au tableau électrique. Les avocats du milliardaire reprochent au film de laisser entendre un rôle de Starlink dans de supposées manipulations électorales.
Attention : les documents fournis indiquent bien qu’il s’agit de suppositions évoquées dans le film et contestées fermement par Musk. À ce stade, on parle donc d’un conflit majeur autour du contenu du documentaire, pas d’un fait établi par décision de justice.
💡 Conseil d’expert en lecture d’actu
Quand un documentaire “suggère”, “suppose” ou “évoque un possible lien”, il faut garder la tête froide : ce n’est pas la même chose qu’une preuve judiciaire. Et dans ce genre d’affaire, c’est précisément là que tout se joue.
Le film a pourtant été applaudi à Venise
C’est là que l’histoire devient encore plus savoureuse : malgré la colère de Musk, le film a reçu une ovation à la Mostra et plusieurs critiques ont salué un travail très sévère, mais ambitieux.
Certains médias l’ont décrit comme :
- un “portrait au vitriol” ;
- un film “accablant” ;
- un documentaire très critique sur l’homme et son influence.
Autrement dit, côté réception critique, Musk n’a pas été accueilli comme un vieux diaporama PowerPoint sur la fiscalité des satellites. Il a fait parler, beaucoup parler.
Une vie privée transformée en matériau de cinéma
Le documentaire ne s’arrête pas à la politique ou aux entreprises. Il plonge aussi dans la vie personnelle du milliardaire, avec des témoignages de proches et d’anciennes compagnes.
Parmi les éléments les plus commentés :
- la présence de Justine Musk, sa première épouse ;
- les déclarations d’Ashley St. Clair, ex-compagne de Musk et mère de l’un de ses enfants ;
- des révélations sur une proposition de 40 millions de dollars qu’elle dit avoir refusée pour garder le silence.
Oui, vous avez bien lu. 40 millions de dollars pour se taire. On est à un niveau où même les clauses de confidentialité ont un budget de blockbuster.
La phrase qui fait lever un sourcil
Une autre révélation rapportée autour du film concerne une phrase attribuée à Musk sur son souhait d’avoir “une légion d’enfants avant une guerre civile”. Là encore, cela vient de témoignages relayés dans le cadre du documentaire.
Ce type de séquence participe à l’image d’un film qui veut montrer un personnage hors norme, fascinant, dérangeant et profondément clivant.
Même l’IA s’invite dans le feuilleton
Petit détail très 2026 : le film utiliserait aussi un avatar généré par IA pour simuler une interview de Musk à partir de propos qu’il a réellement tenus ailleurs. Le réalisateur explique avoir voulu jouer sur une forme d’ironie, en lien avec les obsessions technologiques du patron de Tesla et SpaceX.
C’est à la fois :
- un choix de mise en scène ;
- un clin d’œil à l’univers de la simulation ;
- et, soyons honnêtes, une excellente manière d’ajouter encore un peu de piment dans une soupe déjà volcanique.
ℹ️ Bon à savoir
Les réalisateurs auraient consulté des avocats avant d’utiliser cet avatar. Ce n’est donc pas un bricolage fait entre deux cafés et un filtre TikTok.
Le vrai sujet derrière le scandale : jusqu’où peut aller un documentaire ?
Au fond, cette affaire dépasse Elon Musk lui-même. Elle pose une question très simple, mais énorme :
Jusqu’où un documentaire peut-il aller quand il s’attaque à l’une des personnalités les plus puissantes du monde ?
D’un côté, l’équipe du film défend l’idée qu’un examen critique des figures publiques influentes relève de la liberté d’expression, protégée aux États-Unis par le Premier amendement.
De l’autre, Musk et ses avocats estiment qu’on a franchi la ligne en avançant des allégations potentiellement diffamatoires.
En clair, les deux camps racontent deux histoires très différentes
| Camp | Position |
|---|---|
| Elon Musk et ses avocats | Le film serait biaisé, diffamatoire et construit pour nuire |
| Les producteurs du documentaire | Le film relèverait du débat public légitime sur une personnalité ultra-influente |
| Les critiques cinéma | Beaucoup saluent un documentaire puissant, même très dur |
| Le public | Il risque surtout de se ruer dessus, parce qu’un scandale reste le meilleur attaché de presse du monde |
Pourquoi cette histoire fascine autant
Parce qu’elle mélange tout ce que notre époque adore, pour le meilleur et souvent pour le pire :
- un milliardaire planétaire ;
- des élections américaines ;
- des satellites ;
- de l’IA ;
- des ex-compagnes qui parlent ;
- un festival de cinéma prestigieux ;
- et des avocats qui dégainent plus vite que leur ombre.
On est littéralement entre House of Cards, Black Mirror et une réunion de copropriété menée par des gens qui possèdent des fusées.
Et surtout, cette affaire rappelle une chose essentielle : quand une personnalité concentre autant d’argent, de technologie, de pouvoir médiatique et d’influence politique, chaque récit à son sujet devient immédiatement une bataille.
Le documentaire Musk sort cet automne en salles, et une chose est déjà sûre : avant même sa vraie carrière publique, il a réussi l’exploit de transformer sa promo en duel juridique sous haute tension. Avec Elon Musk, même un générique de fin semble pouvoir finir au tribunal.
