Dans l’Oise, on pensait peut-être vivre un samedi d’été assez tranquille. Et puis non. Deux bufflonnes d’Asie ont décidé de transformer les environs de Noyon en version rurale de Prison Break, avec option marais, forêt et grosse montée d’adrénaline pour les riverains.
Oui, vous avez bien lu : deux animaux de 500 kg chacun se sont échappés de leur enclos en pleine nuit. À ce stade, ce n’est plus une fugue, c’est une apparition très musclée. Et forcément, sur BuzzDuSiecle.com, je ne pouvais pas passer à côté de cette histoire.
Une évasion XXL près de Noyon
Les faits se sont déroulés dans la nuit du samedi 25 juillet 2026 à Évricourt, une commune située à une quinzaine de kilomètres de Noyon, dans l’Oise. Deux bufflonnes d’Asie, une mère et sa fille, ont quitté leur enclos installé dans le marais local.
Le troupeau appartient au Syndicat mixte Oise-Aronde (SMOA), qui utilise ces animaux pour entretenir naturellement les prairies humides. En clair : là où certaines collectivités sortent les machines, eux font appel à des buffles. C’est écologique, efficace… sauf quand les employées décident de prendre leur RTT sans prévenir.
Pourquoi y a-t-il des bufflonnes là-bas ?
C’est la petite touche insolite qui mérite explication. Ces bufflonnes ne sont pas là pour faire joli ni pour tourner un remake picard de Jurassic Park. Elles participent à l’entretien des zones humides en broutant la végétation. C’est une méthode de gestion naturelle des milieux, de plus en plus utilisée.
📌 Bon à savoir
Les buffles d’Asie peuvent être employés pour entretenir des terrains difficiles d’accès, humides ou marécageux, là où les engins passent mal.
Une disparition qui aurait pu très mal tourner
L’alerte a été donnée vers 9 h 30. Un riverain avait aperçu les deux fugueuses en liberté entre Évricourt et Suzoy, près de la RD 82. Et là, tout le monde a compris que l’affaire n’était pas juste “un animal un peu loin de sa clôture”.
Parce qu’un buffle, ce n’est pas un lapin qui traverse discrètement un jardin. On parle ici de bovidés de 500 kg. Si une voiture percute un tel animal, les conséquences peuvent être extrêmement graves.
La traque la plus improbable du week-end
À partir de là, une vraie opération de recherche s’est mise en place. Le technicien rivière du SMOA, Benjamin Mestdagh, a été mobilisé avec l’éleveur qui surveille le troupeau. Les communes ont été prévenues, les réseaux sociaux aussi, et chacun a gardé un œil ouvert.
J’imagine très bien la scène :
- un habitant qui regarde au loin,
- plisse les yeux,
- et se demande : “Attends… c’est un gros sanglier ? Un taureau ? Ou suis-je simplement en train de surestimer mon café du matin ?”
Spoiler : c’étaient bien deux bufflonnes en balade.
Retrouvées “par hasard” en forêt, à 3 km de l’enclos
Le plus incroyable dans cette histoire, c’est peut-être la manière dont elles ont été retrouvées. Vers 15 heures, un riverain est tombé sur elles par chance, dans une forêt de Cuy, à environ 3 kilomètres de leur enclos.
Trois kilomètres, ce n’est pas énorme en voiture. Mais pour deux bufflonnes de ce gabarit, parties sans GPS ni gilet fluorescent, cela commence à faire une sacrée promenade.
Une capture sans rodéo hollywoodien
Pas de fléchettes tranquillisantes, pas d’hélicoptère, pas de cow-boy suspendu à une branche. Pour les récupérer, les intervenants ont utilisé une méthode beaucoup plus simple et franchement plus futée :
- installer du fil électrique en entonnoir ;
- guider les bufflonnes vers une bétaillère ;
- les attirer avec du grain.
Et visiblement, ça a marché. Comme quoi, même après une cavale, on peut rester sensible à un bon snack.
✅ Résultat : les deux animaux ont été récupérés indemnes et ramenés à leur enclos en fin d’après-midi.
Le grand mystère : pourquoi sont-elles parties ?
C’est la question qui reste sans vraie réponse. En inspectant l’enclos, les responsables ont constaté que les bufflonnes avaient forcé leur clôture en fils barbelés.
Selon les premières hypothèses, elles auraient pu avoir été effrayées par quelque chose :
- un animal sauvage,
- un humain,
- un bruit soudain,
- ou peut-être, qui sait, une envie très pressante de tourisme forestier.
Plus sérieusement, les responsables ont précisé qu’elles avaient à manger et à boire, donc aucune raison évidente de s’enfuir.
Ce n’était pas une première
Et c’est là que l’histoire devient encore plus étonnante : ce n’est pas la première fugue du troupeau.
En novembre dernier, des individus avaient carrément arraché une clôture pour pousser les buffles à s’échapper. Cette fois, rien ne permet d’affirmer qu’une intervention humaine est en cause, mais la surveillance du secteur doit être renforcée.
ℹ️ À retenir
Le troupeau compte neuf buffles au total dans cette zone humide de l’Oise.
Ce que cette histoire raconte aussi
Derrière le côté très drôle de “deux bufflonnes en goguette dans la forêt”, il y a quand même un vrai sujet de sécurité. Quand des animaux aussi massifs se retrouvent près d’une route départementale, le risque d’accident est réel.
Mais il y a aussi quelque chose d’assez fascinant dans cette scène très française : une collectivité locale, un marais picard, des riverains, un éleveur, un technicien, une forêt… et au milieu, deux bufflonnes asiatiques qui sèment la pagaille pendant douze heures avant de rentrer calmement pour du grain. On dirait un scénario écrit un soir de canicule.
💡 Conseil d’experte en insolite
Si vous habitez à la campagne et que vous croisez un animal de 500 kg en liberté, évitez la technique du “psst psst viens là”. Prévenez plutôt les autorités locales. Votre courage est admirable, mais vos chances au bras de fer sont limitées.
Franchement, entre la cavale nocturne, la recherche improvisée et la capture à l’ancienne, ces deux bufflonnes ont offert à l’Oise l’un des épisodes les plus improbables de l’été — et probablement la balade la plus lourde de la région, au sens le plus littéral du terme.
