À Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn, on ne parle pas seulement de vieilles pierres, de panorama sublime et de ruelles qui font travailler les mollets. En ce moment, le vrai drame local, c’est la disparition d’une licorne métallique de 5 mètres de haut. Oui, une licorne. Oui, géante. Et oui, ça déclenche presque plus de débats qu’un repas de famille un dimanche midi.
Sur BuzzDuSiecle.com, je tombe rarement sur une histoire qui résume aussi bien la France profonde dans toute sa splendeur : un village magnifique, une œuvre d’art qui divise, une mairie qui applique le règlement, des habitants partagés… et, en bonus, une rumeur de boulodrome. Franchement, on tient un scénario parfait.
Une licorne perchée au sommet de Cordes-sur-Ciel
Pour situer un peu, Cordes-sur-Ciel est une bastide médiévale très connue du Tarn, en Occitanie. Le genre d’endroit où l’on grimpe, on souffle un bon coup, puis on se dit que la vue valait clairement l’effort. Depuis plusieurs années, les visiteurs qui arrivaient au sommet avaient droit à une surprise supplémentaire : une immense licorne installée sur la place.
Cette sculpture en métal, créée par l’artiste Stanko Kristic, mesurait 5 mètres de haut. Autrement dit, à peu près la taille d’une petite maison sur deux niveaux… mais avec une corne.
L’œuvre avait été fabriquée après trois mois de travail et exposée dans le village depuis près de quatre ans. Avec le temps, elle était devenue un repère pour beaucoup de touristes et d’habitants.
Pourquoi la licorne a-t-elle été démontée ?
C’est là que l’histoire devient délicieusement administrative.
Ce que dit l’artiste
Selon Stanko Kristic, la licorne devait effectivement partir un jour, mais sans calendrier très précis. En gros : elle était censée être temporaire, puis elle est restée parce qu’elle plaisait et qu’elle faisait vivre la place.
Ce que dit la mairie
De son côté, la municipalité explique qu’il existait au départ une convention d’un an entre l’artiste et la commune. Après plusieurs relances restées sans réponse, la mairie a décidé de faire démonter l’œuvre, en invoquant simplement le respect du cadre légal.
📌 À retenir
- La licorne n’était pas installée de manière permanente au départ
- La convention initiale aurait duré un an
- L’œuvre est finalement restée près de quatre ans
- La mairie affirme avoir agi après plusieurs rappels
- L’artiste regrette la rapidité du démontage et les menaces de frais
Un village coupé en deux : team “licorne pour toujours” contre team “enfin de l’espace”
Évidemment, dans les rues de Cordes-sur-Ciel, la disparition ne passe pas inaperçue. Et comme souvent avec l’art dans l’espace public, les avis sont… disons, très nuancés.
D’un côté, certains habitants regrettent déjà cette présence devenue familière. Pour eux, la licorne faisait partie du décor, presque du patrimoine local à force d’être photographiée, commentée et admirée.
De l’autre, certains ne la portaient pas vraiment dans leur cœur. Trop encombrante, pas à leur goût, pas assez en phase avec le cachet médiéval du lieu… bref, la licorne n’avait pas que des fans.
💬 Le vrai résumé de l’affaire ?
Ce n’est pas seulement une statue qui a disparu. C’est un petit symbole local qui a sauté, et forcément, chacun projette dessus sa vision du village idéal.
Une œuvre trop chère à garder
On pourrait se dire : “Bon, il suffisait que la mairie la rachète et tout le monde était content.” Sauf que non.
Deux pistes existaient en théorie :
- un don de l’artiste
- un rachat par la commune
Mais aucune n’a abouti.
L’artiste a expliqué qu’un don n’était pas envisageable au vu du temps et de l’argent investis dans la création de l’œuvre. Quant à la mairie, elle a indiqué ne pas avoir les moyens financiers pour l’acheter.
📊 En clair
| Option | Pourquoi ça n’a pas marché |
|---|---|
| Don de l’œuvre | Trop coûteux pour l’artiste après des mois de travail |
| Achat par la mairie | Budget insuffisant côté commune |
Résultat : la licorne a quitté la place, et tout le monde regarde désormais… du vide.
Et maintenant, un boulodrome à la place ?
Alors là, on touche au génie absolu de la rumeur locale.
À peine la sculpture retirée, certains ont commencé à imaginer qu’un boulodrome pourrait prendre sa place. Il faut dire que la zone est appréciée des joueurs de pétanque, donc l’idée a circulé à vitesse grand V.
La mairie a toutefois calmé le jeu : non, il n’est pas prévu de transformer l’emplacement en terrain de boules.
J’avoue, l’image est fabuleuse : on retire une licorne féerique de 5 mètres et, dans la foulée, la France se demande si on ne pourrait pas y caser quelques parties de pétanque. C’est à la fois très absurde et très national. J’adore.
Ce que la place pourrait accueillir à l’avenir
La municipalité aurait plutôt l’idée de laisser la place disponible pour d’autres usages, notamment :
- les fêtes médiévales
- de nouvelles expositions d’artistes
- des installations temporaires à l’avenir
Autrement dit, la disparition de la licorne ne signifie pas forcément la fin de l’art sur la place. C’est peut-être juste la fin de cette licorne-là.
La licorne n’a pas disparu pour de bon
Bonne nouvelle pour les nostalgiques : l’œuvre originale n’a pas été envoyée au royaume des créatures oubliées. Elle a simplement été mise à l’abri dans l’atelier de Stanko Kristic, en attendant un éventuel acheteur.
Et pour ceux qui veulent absolument voir une version de la bête, une licorne plus petite est visible à Fayssac, une autre commune du Tarn.
💡 Bon à savoir
La licorne géante n’a donc pas été détruite. Elle est seulement “hors service”, un peu comme un manège star qu’on remonte en coulisses en attendant sa prochaine scène.
Pourquoi cette histoire passionne autant ?
Parce qu’elle coche toutes les cases d’une vraie affaire locale devenue presque philosophique :
- Qu’est-ce qui a sa place dans un village historique ?
- L’art contemporain peut-il devenir un repère populaire ?
- À partir de quand une installation temporaire devient-elle un monument affectif ?
- Et surtout : une licorne géante est-elle plus utile qu’un boulodrome ?
Je plaisante… à moitié.
Ce qui rend cette histoire si savoureuse, c’est qu’elle parle autant de goût, de budget, de règlement, que d’attachement émotionnel. En quatre ans, cette sculpture a cessé d’être juste une œuvre posée là. Elle est devenue un sujet de conversation, un point de repère, une habitude visuelle, presque une mascotte.
Et quand on enlève une mascotte, même métallique, ça secoue.
La place de Cordes-sur-Ciel est aujourd’hui vide, mais la polémique, elle, galope encore très bien sans licorne.
