18 juillet 2026
À Paris, des corneilles grillent un scientifique… pendant qu’aux Pays-Bas, un musée tartine son sol au beurre de cacahuète

À Paris, des corneilles grillent un scientifique… pendant qu’aux Pays-Bas, un musée tartine son sol au beurre de cacahuète

Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore quand l’actualité décide de partir complètement en roue libre. D’un côté, à Paris, un scientifique doit se déguiser pour approcher des corneilles qui l’ont visiblement mis sur liste noire. De l’autre, aux Pays-Bas, un musée recouvre carrément son sol de 360 kilos de beurre de cacahuète en hommage à un artiste.

Bref, entre les oiseaux qui font du fichage facial et l’art contemporain version sandwich géant, on est exactement dans ce que j’aime raconter sur BuzzDuSiecle.com.

Des corneilles parisiennes qui reconnaissent les visages, oui oui

La scène se passe à Paris, où Frédéric Jiguet, biologiste et ornithologue au Muséum national d’histoire naturelle, mène des observations sur les corneilles. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Sauf qu’avant de commencer, le chercheur doit enfiler un attirail digne d’un cambriolage raté dans une comédie française : perruque, lunettes, faux nez.

Pourquoi ? Parce que certaines corneilles le reconnaissent.

Et pas juste en mode : “Tiens, je crois l’avoir déjà vu quelque part…” Non. Selon le reportage diffusé par TF1 le 11 juillet 2026, quelques individus l’identifient clairement comme celui qui les a déjà capturées et baguées. Résultat : dès qu’il apparaît à visage découvert, elles donnent l’alerte et tout le petit monde s’envole.

En clair, ce scientifique est devenu la célébrité la moins appréciée des corneilles parisiennes

L’ornithologue le résume lui-même avec une formule assez savoureuse : il est, en quelque sorte, “le pire ennemi des corneilles dans Paris”.

Franchement, il fallait quand même le faire. Être blacklisté par des oiseaux en pleine capitale, ce n’est pas donné à tout le monde.

Ces oiseaux sont de redoutables physionomistes

Ce qui rend l’histoire fascinante, au-delà du côté très drôle du déguisement, c’est ce qu’elle dit de l’intelligence des corvidés. Les corneilles et les corbeaux sont connus pour leurs capacités cognitives impressionnantes, mais là, on touche à quelque chose de très concret : la reconnaissance faciale.

Autrement dit, ces oiseaux sont capables de :

  • mémoriser un visage humain ;
  • associer ce visage à une expérience négative ;
  • prévenir les autres individus ;
  • et faire circuler cette information dans le groupe.

Oui, on parle bien d’oiseaux. Pas d’un réseau de voisinage sur messagerie instantanée.

Une communication qui dépasse le simple cri d’alerte

Le plus bluffant, c’est que toutes les corneilles ne connaissent pas forcément le chercheur “personnellement”. Pourtant, le comportement de méfiance se propage. Cela suggère une transmission sociale de l’information : certaines apprennent des autres qu’un humain précis représente une menace.

📌 À retenir
Les corvidés, comme la corneille noire ou le corbeau freux, font partie des oiseaux les plus intelligents. Ils savent résoudre des problèmes, utiliser des outils dans certains cas, et donc, visiblement, tenir une petite base de données mentale des gens à éviter.

Pourquoi le chercheur les observe ainsi ?

Le travail de Frédéric Jiguet n’a rien d’anecdotique. Il teste notamment l’appétence des oiseaux pour des graines enrobées de répulsif, dans l’idée de limiter les dégâts causés aux semis agricoles.

Car en France, les corvidés ont une réputation compliquée. Plusieurs espèces de cette famille sont considérées administrativement comme nuisibles, notamment en raison des dommages qu’elles peuvent provoquer dans les cultures.

Les espèces concernées citées dans le reportage

EspèceStatut évoqué en France
Corbeau freuxChasse autorisée en toute saison
Corneille noireChasse autorisée en toute saison
Pie bavardeChasse autorisée en toute saison
Geai des chênesChasse autorisée en toute saison

Dans certains pays du nord de l’Europe, ces oiseaux sont davantage protégés. En France, le débat reste beaucoup plus sensible à cause de leur impact sur l’agriculture.

💡 Conseil d’expert version terrain
Si un animal sauvage commence à vous reconnaître individuellement, ce n’est jamais anodin. En général, cela signifie qu’il possède une mémoire sociale bien plus fine qu’on ne l’imagine.

Pendant ce temps-là, aux Pays-Bas, un musée transforme le sol en tartine géante

Et comme si l’histoire des corneilles parisiennes ne suffisait pas à nourrir ma semaine, direction Rotterdam, aux Pays-Bas, où le musée Boijmans Van Beuningen a décidé de recouvrir son sol de beurre de cacahuète.

Oui. Vraiment.

L’institution rend hommage à l’artiste néerlandais Wim T. Schippers, décédé le 10 juin 2026, en recréant son œuvre culte “Peanut Butter Floor” (Pindakaasvloer), imaginée à l’origine en 1969.

360 kilos de beurre de cacahuète, 25 m², et une consigne très sérieuse : que ce soit ennuyeux

Pour reconstituer l’œuvre, les équipes du musée ont suivi un plan en 20 points laissé par l’artiste. Deux employés ont passé plusieurs jours à étaler 40 seaux de pâte sur une surface hexagonale de 25 mètres carrés, avec une épaisseur d’environ 2 centimètres.

Le détail que j’adore ? L’installation devait être “aussi lisse et ennuyeuse que possible”.

C’est peut-être la seule fois de ma vie où je lis une consigne artistique qui ressemble à une critique de purée mal assaisonnée.

Les chiffres de cette œuvre très… tartinable

  • 360 kilos de beurre de cacahuète
  • 40 seaux
  • 25 m² de surface
  • 2 cm d’épaisseur
  • exposition visible jusqu’au 6 septembre 2026

Le musée a aussi prévenu les visiteurs allergiques aux arachides, ce qui semble être, pour une fois, une précaution absolument indispensable.

Une œuvre absurde… mais pas si bête

Wim T. Schippers était connu pour son goût de l’absurde et pour sa manière de bousculer les codes de l’art. Son “sol au beurre de cacahuète” est devenu emblématique précisément parce qu’il pousse une idée simple jusqu’au bout : transformer un matériau banal, presque comique, en objet de contemplation.

Et visiblement, ça marche.

📢 Citation qui résume parfaitement l’esprit de l’œuvre
« N’est-ce pas fantastique que nous soyons tous là, à regarder du beurre de cacahuète ? »
— Wim T. Schippers, lors d’une exposition en 1997

Honnêtement, dit comme ça, c’est difficile de lui donner tort.

Le détail le plus savoureux : des visiteurs avaient déjà voulu “compléter” l’œuvre

Lors d’une exposition en 1997, certains visiteurs avaient déposé douze tranches de pain et des granulés de chocolat sur l’installation. Pour situer pour les Français : aux Pays-Bas, ces petits copeaux sucrés se mangent souvent sur des tartines au petit-déjeuner.

Autrement dit, des gens ont regardé une œuvre en beurre de cacahuète et se sont dit : “Il manque juste le petit-déj.”

Le plus incroyable, c’est que l’artiste n’avait pas mal réagi. Il avait même estimé que les granulés avaient été posés avec “le sens des proportions et une main experte”. Une réponse élégante, et probablement la critique d’art la plus gourmande du siècle.

Deux histoires, un même constat : le réel est plus drôle que la fiction

Entre un scientifique obligé de se déguiser pour ne pas être reconnu par des corneilles parisiennes et un musée néerlandais qui invite les visiteurs à “suivre l’odeur” pour admirer un sol au beurre de cacahuète, l’actualité nous rappelle une chose essentielle : le monde est parfois d’une absurdité délicieuse.

Et franchement, tant mieux. Parce qu’entre les oiseaux qui vous fichent à vue et l’art contemporain qui sent la tartine, on a encore de belles raisons de lever les yeux… et de rire un bon coup.

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