Imaginez la scène : vous sortez de boîte de nuit au petit matin, encore complètement "touché" comme on dit poliment, et quelqu’un vous réveille pour vous dire "Allez hop, c’est l’heure de courir 92 km en montagne avec 5100 mètres de dénivelé positif !" Votre première réaction serait probablement de rire… ou de pleurer. Eh bien, Christophe Le Saux, lui, l’a fait. Et il a terminé 5e de la CCC 2011.
Oui, vous avez bien lu. Cinquième. Sur 1591 finishers. Avec la gueule de bois. En 2026, une telle histoire déclencherait un tsunami sur les réseaux sociaux, entre les haters qui crieraient à l’irresponsabilité et les nutritionnistes sportifs qui feraient des AVC virtuels. Mais en 2011 ? C’était juste une journée un peu particulière dans la vie d’un traileur pas comme les autres.
🎤 L’aveu qui fait mouche
C’est lors d’un échange avec Ludovic Collet — vous savez, LA voix de l’UTMB, celui qui commente vos arrivées avec l’émotion d’un commentateur sportif de haut vol — que Christophe Le Saux a lâché le morceau sans filtre :
« Je sors de boîte le matin, complètement bien touché, quoi. »
Le ton est donné. Nous sommes à Courmayeur, quelque part entre 10h et 11h du matin (les souvenirs sont un peu flous, allez savoir pourquoi 😏). On le réveille pour lui dire d’aller prendre le départ de la CCC. Et lui, dans un état second, il y va. Parce que pourquoi pas, après tout ?
Sur la ligne de départ, il blague, il divague, il est clairement pas dans son assiette. Mais il part quand même. Et contre toute attente, il tient le coup, remonte progressivement, et termine 5e en 11h14min37s, ex-aequo avec Florian Racinet.
📊 Les chiffres qui donnent le vertige
Pour bien mesurer l’exploit (ou la folie, c’est selon), voici le contexte de cette CCC 2011 :
✅ Distance : 92 kilomètres
✅ Dénivelé positif : 5100 mètres (l’équivalent de grimper la Tour Eiffel… 17 fois)
✅ Vainqueur : Emmanuel Gault en 10h10
✅ Position de Christophe : 5e sur 1591 finishers
✅ État physique au départ : disons… "non optimal" 🍾
Les classements officiels le confirment : cette performance n’est pas une légende urbaine. C’est bien arrivé. Et comme le souligne justement Ludovic Collet dans leur échange : « On pourrait plus le faire maintenant. »
🎭 Le trail d’avant : plus rock’n’roll, plus humain
Ce qui rend cette histoire si savoureuse, c’est qu’elle raconte un monde disparu. En 2011, le trail était encore un peu sauvage, moins formaté, plus accessible à l’instinct et à l’improvisation. Des personnalités comme "le Jaguar" (le surnom de Christophe Le Saux) pouvaient surprendre, briller, et raconter ensuite leurs exploits avec le sourire.
Aujourd’hui ? Impossible. La CCC est devenue une épreuve d’élite millimétrée. Chaque gel énergétique est calculé, chaque minute de sommeil compte, chaque descente est reconnue à l’avance. En 2025, Francesco Puppi l’a emportée en 10h06 au terme d’une course tactique où on parle de lactate, de nutrition moléculaire et de pacing en watts.
Nous, chez BuzzDuSiecle.com, on trouve ça fascinant : en quinze ans, le trail est passé d’une belle aventure entre costauds à un championnat officieux ultra-professionnalisé. Et cette anecdote de Christophe Le Saux est comme une capsule temporelle d’une époque plus organique, plus libre… et parfois plus déjantée.
⚠️ L’avertissement qui va bien (parce qu’on est responsables quand même)
Bon, soyons clairs deux secondes : cette histoire est hilarante, mais à ne SURTOUT PAS reproduire.
Courir un ultra-trail alcoolisé, déshydraté, avec une dette de sommeil monumentale, c’est mettre sa santé en jeu. Les risques sont nombreux :
- 💥 Chutes et blessures
- 🧠 Perte de lucidité et mauvaises décisions
- 😵 Malaises cardiaques
- 🚑 Besoin potentiel d’évacuation médicale
La science est formelle : la privation de sommeil réduit les réserves de glycogène musculaire, augmente la perception de l’effort, et diminue les capacités cognitives. Environ 80% des ultra-traileurs ressentent au moins un symptôme lié au manque de sommeil pendant une course (hallucinations, vigilance réduite…). Alors imaginez en partant déjà dans le rouge !
Ce jour-là, Christophe Le Saux s’en est sorti par force, expérience et un mental d’acier. Mais c’est un miracle que ça ait fonctionné. Lui-même ne revendique rien, ne glorifie pas l’improvisation. Il raconte simplement un moment de sa vie de coureur, comme on raconterait une légende autour d’un feu de camp.
🏆 Christophe Le Saux, bien plus qu’une anecdote
Il serait injuste de résumer Christophe "le Jaguar" Le Saux à cette CCC rocambolesque. Car ce coureur a depuis poursuivi une carrière riche et engagée :
- 🌍 Des podiums sur tous les continents
- 🏔️ Tor des Géants, Marathon des Sables, Diagonale des Fous…
- 📚 Formateur, organisateur de séjours, conseiller pour des marques
- 💪 Plus de trente ans de carrière dans l’ultra
Il a montré que la rigueur et l’audace ne sont pas incompatibles. Qu’on peut rire de ses erreurs de jeunesse tout en incarnant, année après année, le sérieux d’une pratique devenue plus mature.
🎬 La vidéo qui vaut le détour
Si vous voulez entendre cette histoire racontée de la bouche même de Christophe Le Saux, avec le rire complice de Ludovic Collet, l’échange complet est disponible sur YouTube. Le ton est léger, l’ambiance bienveillante, et on sent toute la nostalgie d’une époque où le trail était peut-être un peu plus fou… mais aussi plus humain.
En 2026, cette histoire fait sourire et rêver. Elle rappelle qu’avant les montres GPS ultra-précises, les plans nutritionnels au gramme près et les stratégies de course analysées par IA, il y avait des types qui sortaient de boîte et finissaient quand même dans le top 5 d’un ultra-trail mythique.
Une époque qui ne reviendra pas. Mais qu’on peut encore raconter, avec un mélange d’admiration, d’incrédulité… et un petit sourire en coin. 😊
