À Nairobi, au Kenya, un homme de 28 ans est devenu une petite célébrité locale et virale pour une raison qu’on ne voit pas tous les jours : il vit entouré d’oiseaux sauvages, certains perchés sur ses épaules, d’autres carrément sur sa tête. Oui, on est quelque part entre Mary Poppins, un documentaire animalier et une scène supprimée de Mad Max.
Mais derrière l’image insolite du fameux “Nairobi Birdman”, il y a aussi une vraie alerte sanitaire. Car si l’histoire fait sourire au premier abord, des médecins kényans, eux, rigolent beaucoup moins.
Un rapace sur la tête, et une notoriété tombée du ciel
L’homme s’appelle Rodgers Oloo Magutha. Il vit aujourd’hui dans un petit studio à Kayole, un quartier populaire de Nairobi, la capitale du Kenya. Avant cela, il a passé plusieurs années dans la rue, où il raconte avoir partagé sa nourriture et ses nuits dans le froid avec des oiseaux.
C’est en 2024 qu’il a commencé à faire parler de lui. Au moment des grandes manifestations anti-gouvernement à Nairobi, des images de lui circulent massivement : on le voit marcher au milieu du chaos avec un rapace posé sur la tête. Forcément, sur internet, ça ne passe pas inaperçu.
Résultat : un surnom tout trouvé, “Nairobi Birdman”, autrement dit l’homme-oiseau de Nairobi.
Et franchement, il faut reconnaître que côté entrée en scène, on a connu plus discret.
Chez lui, ce n’est pas un appartement : c’est presque une volière libre-service
Depuis, Rodgers continue de publier des vidéos de son quotidien. On y voit évoluer chez lui plusieurs oiseaux sauvages en liberté :
- des rapaces
- un corbeau
- un pigeon
- un ibis
- et même un marabout
Petit point utile pour nous, côté français : le marabout n’est pas ici un sage mystique, mais un très grand oiseau charognard africain, un peu impressionnant, qu’on croise assez souvent dans certaines rues de Nairobi. Disons-le franchement : ce n’est pas exactement le canari de mamie.
Certains de ces oiseaux l’accompagnent aussi dehors, dans son quartier, ou lorsqu’il va récupérer du plastique et du métal dans une décharge voisine pour gagner sa vie. Les enfants du coin viennent l’observer, fascinés.
Sa mission : secourir les oiseaux
Rodgers se présente comme un “passionné d’oiseaux urbains”. Il affirme en avoir secouru plus de 20, parmi lesquels un héron et une chouette effraie, qu’il dit avoir ensuite relâchés dans la nature une fois rétablis.
“J’aime secourir les oiseaux”, explique-t-il.
Sa mission, selon lui, est de leur offrir un endroit sûr, où ils peuvent se sentir libres avant d’être relâchés.
Sur le papier, l’intention peut sembler touchante. Et, soyons honnêtes, voir quelqu’un défendre des animaux souvent mal aimés ou ignorés, c’est plutôt rare.
Le détail qui a fait tousser les médecins : le repas partagé
Là où l’affaire devient beaucoup moins poétique, c’est dans certaines vidéos récentes publiées par Rodgers lui-même. On le voit manger avec ses oiseaux dans la même assiette, parfois même dans la même cuillère, pendant que certains volatiles mettent littéralement les pattes dans le plat.
Et là, même les plus grands amoureux des animaux ont probablement eu un petit mouvement de recul.
Pourquoi ça inquiète autant ?
Des médecins kényans ont publiquement tiré la sonnette d’alarme. Leur crainte porte sur le risque de zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible de l’animal à l’humain.
📌 À retenir : qu’est-ce qu’une zoonose ?
Une zoonose est une infection qui peut passer de l’animal à l’homme. Cela peut concerner des virus, des bactéries ou des parasites. Plus le contact est étroit, répété et sans précaution, plus le risque augmente.
Le Dr Dennis Miskellah, responsable adjoint du syndicat kényan des médecins, pharmaciens et dentistes, a alerté le ministère de la Santé après avoir vu ces images. Son message, en gros : ça peut sembler amusant, mais ça le sera beaucoup moins si une maladie se propage.
Même son de cloche du côté du Dr Samoel Khamadi, directeur du Centre de recherche virale de l’Institut kényan de recherche médicale. Selon lui, les oiseaux sauvages peuvent être porteurs de virus sans symptômes visibles immédiats, et un contact prolongé augmente le danger.
Ce que disent les autorités
L’affaire ne s’arrête pas aux médecins. Un responsable du comté de Nairobi a demandé à Rodgers de remettre ses oiseaux à l’Autorité kényane de protection de la faune sauvage (KWS), sous peine de poursuites.
Autrement dit : l’image de l’homme avec un oiseau sur la tête amuse internet, mais sur le terrain, les autorités commencent à trouver que la blague a assez duré.
Rodgers, lui, ne semble pas décidé à céder. Il rejette les critiques et affirme que les menaces ne sont pas une solution.
Lui, il assume totalement
Face aux inquiétudes, Rodgers répond simplement qu’il a déjà vécu ainsi pendant des années sans tomber malade. Il rappelle qu’à l’époque où il vivait dans la rue, il mangeait déjà avec les oiseaux, dormait avec eux dans le froid, et que “rien ne lui est arrivé”.
Son objectif, dit-il, est aussi de sensibiliser à la protection de l’environnement et de montrer que les humains peuvent coexister avec la nature.
Et c’est probablement là que toute l’histoire devient intéressante : on sent chez lui une vraie affection pour ces animaux, une forme de lien sincère, presque fusionnel. Mais cette proximité extrême pose une question très simple : aimer les animaux, est-ce forcément vivre comme eux ?
Entre conte urbain et problème sanitaire
Ce qui rend cette histoire si fascinante, c’est qu’elle mélange plusieurs choses à la fois :
| Élément | Ce que ça raconte |
|---|---|
| Le côté viral | Un homme avec des oiseaux sauvages sur la tête, forcément, internet adore |
| Le côté humain | Un ancien sans-abri qui a trouvé du réconfort auprès des animaux |
| Le côté écologique | Un discours sur la protection de la nature et le secours aux oiseaux |
| Le côté sanitaire | Un risque réel de transmission de maladies |
| Le côté légal | La détention d’animaux sauvages peut poser problème aux autorités |
💡 Conseil d’expert version bon sens
Admirer les oiseaux, oui. Les nourrir correctement si l’on est habilité, pourquoi pas. Partager sa cuillère avec un marabout charognard, en revanche, ce n’est pas une pratique appelée à entrer dans les recommandations santé de 2026.
Ce qu’il faut retenir de cette histoire insolite
Si je résume, on a :
- un homme devenu viral au Kenya
- des oiseaux sauvages recueillis chez lui
- une vraie popularité sur les réseaux
- des médecins très inquiets
- des autorités qui demandent la remise des animaux
- et un principal intéressé qui refuse de changer de cap
C’est typiquement le genre d’histoire que j’adore raconter sur BuzzDuSiecle.com : improbable, touchante, un peu absurde, mais avec un fond très sérieux.
Au fond, le “Nairobi Birdman” fascine parce qu’il semble vivre dans un monde à part, à mi-chemin entre refuge animalier improvisé et performance permanente. Reste à savoir si cette cohabitation pourra durer sans lui retomber… dessus, cette fois pas sous forme de pigeon, mais de problème de santé.
