Il y a des gens qui envoient des mails, d’autres qui passent des coups de fil, et puis il y a Benoît Mathieu. Lui, pour tenter de décrocher les fameuses promesses de signature nécessaires à une candidature présidentielle, a choisi une méthode légèrement plus sportive que la moyenne : faire le tour de France à vélo pendant un an, sur plus de 10 000 kilomètres. Oui, vous avez bien lu. On est quelque part entre la campagne politique, le défi d’endurance et le carnet de voyage XXL.
Autant vous dire que quand j’ai découvert cette histoire, je me suis dit que sur BuzzDuSiecle.com, on tenait un petit bijou d’actualité insolite à la française : un homme en tenue orange, au bord de la Loire, qui pédale de mairie en mairie pour parler démocratie locale. Franchement, même Netflix hésiterait à inventer ça.
Un tour de France politique… sans bus suiveur ni caravane saucisson
Selon Le Progrès, Benoît Mathieu, ingénieur de formation, s’est lancé dans un projet pour le moins original : parcourir tous les départements français à vélo, sans rentrer chez lui pendant un an, afin de rencontrer environ 1 000 maires.
Son objectif ? Recueillir des promesses de signature pour une éventuelle candidature à l’élection présidentielle.
Pour situer l’enjeu à ceux qui ne vivent pas avec le Code électoral sous l’oreiller : en France, pour se présenter à la présidentielle, il faut obtenir 500 parrainages d’élus, principalement des maires. Et ça, ce n’est pas exactement le genre de chose qu’on décroche avec un simple “cc dispo pour signer ?”.
Son programme en quelques coups de pédale
- Plus de 10 000 km à vélo
- Une année complète sur les routes
- Tous les départements français au menu
- Environ 1 000 maires à rencontrer
- Aucun retour à la maison pendant toute l’aventure
Rien que lire la liste me fatigue un peu, je vous avoue.
Une campagne à l’ancienne… mais avec des mollets en titane
Ce qui rend cette histoire fascinante, c’est qu’elle mélange deux univers qu’on voit rarement ensemble :
- la politique
- le cyclotourisme longue distance
Et le résultat est presque poétique. Au lieu d’une campagne ultra-numérique, calibrée, sponsorisée et noyée dans les éléments de langage, Benoît Mathieu mise sur la rencontre directe, en allant voir les élus sur place, dans leurs communes, à hauteur de guidon.
📌 À retenir
Son initiative se veut centrée sur une politique apartisane et sur la démocratie locale participative. En clair : moins de plateau télé, plus de terrain.
Il organise même son itinéraire selon les saisons : l’hiver près de l’Atlantique, l’été en altitude. Ce qui prouve deux choses :
- il a réfléchi à sa logistique ;
- il connaît mieux la météo française que beaucoup d’entre nous.
10 000 km à vélo, ça représente quoi exactement ?
Parce que dit comme ça, 10 000 km, ça peut sembler abstrait. Alors remettons un peu les choses en perspective.
| Distance | Équivalent approximatif |
|---|---|
| 10 000 km | presque un quart du tour de la Terre |
| 10 000 km | environ 166 marathons bout à bout |
| 10 000 km | la distance entre Paris et une bonne grosse envie de sieste |
Bon, la dernière ligne n’est pas homologuée par l’INSEE, mais vous voyez l’idée.
À raison de 50 à 70 km par jour, ce qui est une cadence réaliste pour un périple au long cours avec pauses, rencontres et imprévus, il faut une sacrée discipline. Et surtout, il faut accepter qu’un simple rendez-vous en mairie puisse être précédé d’une matinée entière à lutter contre le vent, une côte bien vicieuse et un sandwich écrasé au fond d’une sacoche.
Le vrai défi : la route, les rendez-vous… et les mollets diplomatiques
Faire 10 000 km à vélo, ce n’est pas juste une jolie ligne sur une affiche. C’est aussi une organisation énorme.
Ce que cela implique concrètement
- planifier des étapes supportables ;
- trouver où dormir ;
- gérer la météo ;
- entretenir le vélo ;
- rester visible et prudent sur les routes ;
- arriver suffisamment présentable pour discuter avec un maire sans ressembler à une chips salée.
En zone rurale, la difficulté est encore plus nette : beaucoup de routes sont peu adaptées aux cyclistes, avec des voitures qui roulent vite et peu d’aménagements protégés. Bref, ce n’est pas exactement une promenade digestive sur les quais de Seine.
💡 Conseil d’expert
Sur un périple pareil, le plus dur n’est pas seulement de pédaler. C’est de tenir dans la durée : physiquement, mentalement et logistiquement. Le vélo pardonne peu les improvisations répétées.
Une stratégie de communication redoutablement simple
Il faut reconnaître une chose : en matière d’image, la campagne à vélo coche beaucoup de cases.
Elle donne l’impression d’un candidat :
- accessible ;
- proche du terrain ;
- sobre ;
- écolo ;
- et surtout très loin du cliché du politique enfermé dans une voiture avec vitres teintées.
Dans un contexte où les mobilités douces prennent de plus en plus de place dans le débat public, le symbole est fort. Le vélo, ce n’est pas seulement un moyen de transport ici : c’est aussi un message.
📢 Le message implicite
“Je viens vous voir moi-même, je prends le temps, je traverse les territoires, et je ne débarque pas en coup de vent entre deux plateaux télé.”
Avouez que c’est plus marquant qu’un flyer coincé sous un essuie-glace.
Une aventure politique… mais presque romanesque
Ce que j’aime dans cette histoire, c’est son côté profondément français. On imagine très bien la scène :
un cycliste tout habillé d’orange, au bord de la Loire, qui enchaîne les kilomètres pour parler démocratie locale avec les maires de petites communes.
C’est à la fois sérieux sur le fond et totalement improbable dans la forme. Et c’est précisément ce mélange qui rend l’affaire si savoureuse.
Il y a quelque chose d’un peu héroïque, mais aussi d’un peu délicieusement absurde, dans cette idée de traverser la France à la force des jambes pour récolter des signatures administratives. Comme si la paperasse républicaine rencontrait le Tour de France, mais en version artisanale, sans hélico, sans caravane publicitaire, et probablement avec beaucoup plus de barres de céréales.
Ce qui rend cette initiative vraiment insolite
Soyons honnêtes : des candidats qui veulent se faire connaître, il y en a.
Des gens qui font du vélo, il y en a aussi.
Mais des aspirants à la présidentielle qui transforment la chasse aux signatures en odyssée cycliste de 10 000 km, là, on entre dans une catégorie à part.
Pourquoi cette histoire sort du lot
- elle détourne complètement les codes classiques de la campagne ;
- elle remet les petites communes au centre du récit ;
- elle transforme une contrainte administrative en aventure humaine ;
- elle raconte la politique autrement, avec un côté presque “road movie rural”.
😊 Bon à savoir
Le fait qu’il ne rentre pas chez lui pendant un an ajoute une dimension encore plus folle au projet. Ce n’est plus juste une tournée : c’est quasiment une vie parallèle sur deux roues.
Et au fond, ça dit aussi quelque chose de notre époque
Derrière le côté insolite, il y a un message plus large : beaucoup de citoyens réclament aujourd’hui plus de proximité, plus d’écoute, plus de concret. Aller à la rencontre des maires un par un, dans les territoires, c’est aussi une façon de répondre à cette attente.
Est-ce que cette méthode suffira à atteindre l’objectif ? Impossible à dire. Mais une chose est sûre : sur la forme, impossible de l’accuser de faire campagne depuis son canapé.
Et franchement, dans un monde saturé de communication politique ultra-lissée, voir quelqu’un miser sur la route, les rencontres et un vélo, c’est presque rafraîchissant. Ou transpirant. Sans doute les deux.
Au final, que l’on trouve l’idée brillante, courageuse ou complètement dingue, elle a au moins un mérite : rappeler qu’en France, même la course aux signatures peut devenir une aventure hors norme… à condition d’avoir de très bonnes jambes.
