20 avril 2024
Le tricot, une arme insoupçonnée pour les femmes rebelles

Le tricot, une arme insoupçonnée pour les femmes rebelles

Qui l’eut cru ? Nos mamies, tout en tricotant tranquillement leurs pulls et chaussettes, ont en réalité mené une révolution discrète mais puissante ! Comme le révèle le passionnant ouvrage "Tricoteuses et dentellières" publié récemment, le tricot a longtemps été un acte subversif et militant pour les femmes.

Les enragées de la Révolution

Remontons d’abord au temps de la Révolution française, quand un groupe de femmes du peuple, surnommées les "tricoteuses", ont défié les conventions en apportant leur ouvrage dans l’enceinte de la Convention nationale. Imaginez ces dames, pelotes de laine à la main, tricotant sans complexe au milieu des débats révolutionnaires ! Un véritable affront pour l’époque, quand le foyer était le seul espace réservé aux femmes. Mais ces "enragées" ne s’arrêtaient pas là : elles manifestaient bruyamment leur opinion et revendiquaient l’équité avec les hommes. Tout un programme, même si leurs espoirs furent déçus !

Les espionnes à l’aiguille

Pendant les deux guerres mondiales, nos chères grand-mères ont encore fait des leurs. Officiellement, elles tricotaient pull-overs et chaussettes pour réchauffer les soldats au front. Mais certaines ont joué un rôle plus actif en encodant en langage morse, dans leurs mailles, des informations capitales sur les positions ennemies ! De véritables James Bond de la laine, vous en conviendrez. Et pour donner le change, que pouvaient-elles faire de mieux que tricoter innocemment à la gare ?

Le bonnet rose contre Trump

Plus récemment, en 2017, le célèbre "Pussyhat" rose est devenu l’emblème de la résistance des femmes à Donald Trump. Après les propos misogynes de l’ancien président américain, des milliers de manifestantes ont défilé coiffées de ce bonnet à oreilles de chat tricoté main. Un joli pied-de-nez en laine pour défendre leurs droits !

Quand le tricot envahit la rue

Envahir l’espace public de créations textiles colorées, n’est-ce pas aussi une forme de militantisme ? C’est en tout cas le pari du "tricot-graffiti", dont les artistes recouvrent arbres, statues et mobilier urbain de leurs œuvres. À Montréal, le collectif Les Ville-Laines avait même tricoté autour d’un pilier de l’échangeur Turcot en 2013 pour protester contre un projet de rénovation.

Même à l’Hôtel de Ville, le tricot a fait des vagues ! L’ex-mairesse de Côte-des-Neiges Sue Montgomery a tricoté pendant les séances du conseil municipal, en utilisant du fil rouge quand un homme parlait, vert quand c’était une femme. Résultat ? Un foulard beaucoup plus rouge que vert, illustrant crûment l’inégalité de parole entre élus.

Alors la prochaine fois que vous verrez une mamie ou une jeune fille tricoter tranquillement, n’y voyez pas qu’un passe-temps anodin ! Comme l’explique si bien le site BuzzDuSiecle.com, derrière ces aiguilles se cachent peut-être les prémices d’une nouvelle révolution !

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